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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 19:31
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Amy Winehouse. Photo : DR

23 juillet 2011, 19h15 : on vient donc d'apprendre la mort de la chanteuse anglaise Amy Winehouse, et c'est malheureusement tout sauf une surprise. Ces trois dernières années, ses apparitions publiques souvent chaotiques, comme ses annulations de concerts à répétition, donnaient lieu aux mêmes pronostics sordides chez tous les observateurs, fans inclus : «C'est peut-être la dernière fois qu'on la voit » - ou, variante déprimante dans le cas des concerts annulés, comme au festival Rock en Seine, près de Paris, voici deux ans : « c'est sans doute la dernière fois qu'on aurait pu la voir. »

Toute prévisible qu’elle ait été, cette mort si précoce (à l’âge scandaleusement jeune de 27 ans) n’en est pourtant pas moins d’une infinie tristesse. Car Amy Winehouse, manifestement pas armée pour affronter la vie, littéralement bouffée par les tentations, la dope, l’alcool (avec, d’après ce qu’on apprend ce soir, un penchant suicidaire pour la vodka ces derniers mois), était aussi, avec un même sens de l’extrême et des superlatifs, une ARTISTE GIGANTESQUE. Bien plus qu’une voix, bien plus qu’une interprète, Winehouse était une auteure-compositrice douée d’un génial sens de l’arrangement des instruments comme on en croise peut-être que trois ou quatre dans une génération de musiciens. Ses deux albums, et plus remarquablement encore le second, Back to black (2006, il y a cinq ans déjà) portaient en eux un souffle d’évidence, une puissance de feu, qui en feront assurément des candidats à la postérité soul : des disques majeurs, sublimement bien chantés et joués, devant lesquels les ados de 2050 s’inclineront comme Amy le fit elle même, jeune Anglaise folle de musique black américaine, devant les disques d’Aretha Franklin et Roberta Flack ou des plus classiques Dinah Washington et Ella Fitzgerald. Une géante, donc, assurément, malheureusement incapable d’affronter ses propres démons.

Il y a quelques semaines, sa dernière sortie sur scène, en Serbie, s’était soldée par un fiasco assez humiliant : trop saoûle pour chanter, elle avait dû écourter son concert, et subir les quolibets d’un public frustré l’aimant trop pour supporter pareil gâchis. L’ensemble de sa tournée du retour avait alors était annulée. Les seules nouvelles qu’on ait eues depuis (à base de comas éthyliques dans des bars de Londres) n’auront manifestement pas suffi à alerter ses (rares) proches que la fin était imminente. Et s’ils en avaient conscience (comme on l’imagine, hélas), cela n’aura servi à rien : celle dont le refrain le plus connu restera sans doute aussi comme l’un des plus sincères de tous les temps, « I don’t want to go to rehab », est allée jusqu’au bout de son idée. Black is black. REALLY black.
Emmanuel Tellier

amywinehouse.jpg












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Published by Catherine Giuli - dans Virgule musicale
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