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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 14:39

 

"Captain America" : un héros super

 

Avec "Captain America : First Avenger", le plus patriote des super-héros se paie un lifting. Par Olivier Bonnard, à Los Angeles.

Le Cap', relooké 2011. (c) Paramount Pictures FranceLe Cap', relooké 2011. (c) Paramount Pictures

Le pari n’était pas gagné d’avance. Moins connu que ses collègues Spider-Man, l’Incroyable Hulk ou Iron-Man, Captain America aurait facilement pu apparaître comme un héros ringard, voire polémique, avec son costume taillé à même la bannière étoilée et son patriotisme aveugle. Comment le rendre comestible pour les masses en 2011 ?Réponse paradoxale: en le replaçant dans le contexte qui l’a vu naître, à savoir la Seconde guerre mondiale. Ainsi "Captain America : First Avenger" est-il un film de super-héros d’époque. Uneorigin storyqui, à l’instar du dernier "X-Men", réécrit l’Histoire, pour un résultat plutôt sympathique.

Créé en 1940 par Jack Kirby et Joe Simon, Steve Rogers alias Captain America est l’un des tout premiers personnages de la galaxie Marvel. C’est un patriote qui, alors que la guerre fait rage, n’aspire qu’à une seule chose : combattre les Nazis aux côtés de son meilleur ami Bucky. Las ! Le garçon, plutôt freluquet, voit sa candidature sans cesse rejetée par l’Armée. Sa détermination lui vaut toutefois d’être repéré par le Dr. Abraham Erskine, qui lui propose de participer à une expérience scientifique top secrète. Il en ressortira transformé en montagne de muscles. Techniquement, Captain America n’est donc pas un super-héros, puisqu’il ne possède d’autres superpouvoirs que sa force et son courage. C’est unsuper-soldat.

Patriotard ? Afin de désamorcer toute polémique,"Captain America : First Avenger" a l’intelligence de montrer ce que ce personnage porte-drapeau de l’idéologie américaine, littéralement, peut avoir de ridicule dans un monde post-Abou Ghraib (ce qui n’a pas empêché la Paramount de sortir le film sous un titre moins nationaliste, "First Avenger", en Russie, en Ukraine et en Corée du Nord – on n’est jamais trop prudent !) L’une des séquences les plus réussies joue la mise en abyme en montrant comment Cap’, qui porte encore une version rudimentaire de son célèbre costume, est d’abord utilisé par l’Armée comme un bouffon. Un instrument de propagande visant à encourager les jeunes Américains à se rendre au bureau de recrutement, ou à booster le moral déclinant des troupes. Ce n’est qu’au terme d’une mission-suicide qui le verra sauver son copain Bucky et 400 de ses camarades, qu’il gagnera ses galons de soldat. Dans la foulée, il fait réviser son costume, récupère un bouclier en vibranium, métal extrêmement rare et parfaitement imaginaire, et emmène les Alliés vers la victoire. Un héros est né.

Du côté de l’interprétation, Chris Evans, déjà super-héroïque dans "les Quatre fantastiques" et sa suite, est un peu fadasse, mais son côté boyscout sert bien le personnage. A ses côtés, la Britannique Haley Atwell campe une soldate au caractère bien trempé. Stanley Tucci, dans le rôle d’Erskine, savant allemand passé à l’Ouest, fait un accent teuton impeccable, tandis que Tommy Lee Jones est plus vrai que nature en général mal embouché. Sous le masque de Crâne rouge, nazi illuminé, persuadé de marcher dans les traces des dieux, Hugo Weaving recycle, une fois de plus, son personnage de l’agent Smith dans "Matrix", mais il est vrai que personne à Hollywood ne laisse traîner les "s" comme lui – à part peut-être Kaa, le ssserpent du "Livre de la jungle". Mais je m’égare.

L’ensemble est très classiquement réalisé par Joe Johnston ("Wolfman","Rocketeer"), mais cela confère unpetit charme rétroqui colle bien à la dimension "époque". S’il manque au film la dose d’auto-dérision qui aurait pu en faire un nouvel"Aventuriers de l’Arche perdue", clairement la référence à l’œuvre ici, s’il s’enlise un peu dans les scènes d’action au cours du dernier tiers, ce "Captain America" qui célèbre la revanche des petits possède une qualité d’émotion assez rare dans ces productions à haute teneur en effets spéciaux. Je ne dirai rien de l’épilogue, qui préfigure le retour de Cap’ dans"The Avengers"(sortie le 25 avril 2012), si ce n’est qu’il est diablement excitant. "Captain America wants you !" Alors engagez-vous.

Olivier Bonnard, à Los Angeles – le Nouvel Observateur.

« Captain America », de Joe Johnston. Sortie le 17 août.

"Captain America : First Avenger"
Le Cap' (Chris Evans) et son copain Bucky (Sebastian Stan) s'en vont en guerre (c) Paramount Pictures France
"Captain America : First Avenger"
Red Skull (Hugo Weaving): comme quoi, la crème solaire, c'est utile. (c) Paramount Pictures France

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Published by Catherine Giuli - dans Cinéma et télévision
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commentaires

Thomas Grascoeur 18/08/2011 15:34


Le côté boyscout est bien vu ;-), et effectivement, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est patriote !