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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 14:41

IMG_0029.jpg©2011Catherine GIULIIMG_0030.jpg©2011Catherine Giuli-Petit Palais

Disparue en 1999, la designer a laissé un important héritage formel et intellectuel dont l’esprit est toujours vivant, à travers les rééditions de la société Cassina, et bien au-delà. Le Petit Palais consacre une exposition à son travail photographique, source d'inspiration de sa création.


« Ce que j’aimerais davantage, c’est voir la prolongation de l’esprit de Charlotte, plus que l’hommage à ses formes », assène de but en blanc Pernette Perriand, sa fille, aujourd’hui gardienne, avec son mari Jacques Barsac, de la mémoire de la grande dame du design. Il faut dire que depuis plus de dix ans, la collaboratrice de Le Corbusier n’a jamais autant fasciné.
Son travail réalisé autour de l’équipement de la maison et ses bibliothèques aux couleurs identifiables entre mille restent une source d’inspiration pour de nombreux designers. On pense évidemment à la bibliothèque « Charlotte » que les frères Bouroullec, enfants prodiges du design français, lui dédièrent en 2000. Produite alors en série limitée par la galerie Neotu de Pierre Staudenmeyer, celle-ci connut en 2004 un développement plus large sous le nom de « Self » chez Vitra. Du catalogue de cet éditeur à celui des 3 Suisses où le designer Didier Versavel signe lui aussi une création baptisée « Charlotte », les citations – des plagiats parfois – de la designer se retrouvent dans toute l’échelle de la distribution de mobilier, preuve d’une influence toujours très vive.

« Sa recherche de la vérité de l’objet à travers la simplicité et l’épure est à mettre en relation avec le travail de designers contemporains comme Jasper Morrison ou Naoto Fukasawa, analyse Marion Vignal, auteur du livre Femmes designers (éditions Aubanel). Il y a des liens évidents avec le Japon qui a profondément marqué la pensée et l’œuvre de Charlotte Perriand, depuis son voyage dans les années 1940. » Selon Jacques Barsac, qui vient de lui consacrer le livre manifeste Charlotte Perriand et la photographie (éditions 5 Continents), « on commence à redécouvrir la dimension humaine et poétique de son mobilier, la sensualité des matériaux, l’harmonie des formes qui tient de l’observation de la nature », mais aussi de son célèbre « œil en éventail », attentif aux formes, aux couleurs, aux détails. « Charlotte racontait par exemple que sa chaise longue Tokyo avait été inspirée par une pince à sucre japonaise en bambou », se souvient Jacques Barsac. Dans quelques semaines, on découvrira chez Cassina une édition inédite en teck du modèle, puis à l’automne en bambou. Conçu par la designer, pendant sa période de vie et de travail au Japon, comme une interprétation en bambou de la célèbre LC4, ce siège sort désormais en diverses essences de bois, dans le cadre d’une collection de mobilier outdoor réalisé par des maîtres du design.

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Published by Catherine Giuli - dans Design
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