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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 15:27

Assistants-réalisateurs : Roger Simons & Ted Sturgis. Chef opérateur: Gilbert Taylor, BSC. Caméra : Goeffrey Seaholme et Roy Ford. Décor : Voytek Roman. Directeur artistique :George Lack. Maquillage : Alan Brownie (coiffures de Joyce James).Costumes : Bridget Sellers. Scripte : Dee Vaughan. Accessoiriste : Alf Pegley. Régisseur : Don Weeks. Ingénieur du son : George Stephenson. Effets spéciaux : Bowie Films Ltd. Montage : Alistair Mac Intyre. Montage son : David Campling. Musique: Krzystof Komeda. Mixage : Stephen Dalby. 

Durée : 1h51. Sortie : Février 1966 (GB), 7 novembre1966 (USA). Récompenses : Ours d’Or (Festival de Berlin, 1966). Prix de la Critique Italienne (Festival de Venise, 1966). 

DVD: Ce film existe en DVD Zone 2. DVDY Films 2003. Compton Films/Tekli Films Productions. All rights reserved. Le film existe également en version collector aux éditions Anchar Bay, 2003. 

GENESE DU FILM

1965. Assassinat de Malcolm X. Alexei Leonov devient le premier homme à « marcher » dans l’espace. Le Vatican condamne James Bond. Première photographie lisible de Mars. En France, Charles de Gaulle est élu chef d’Etat. Ceauscescu devient chef d’Etat en Roumanie. Massacre en Indonésie. Pierrot le Fou sort sur les écrans. Décès de Nat King Cole et Edgar Varèse.

La collaboration entre Polanski et Brach roule à plein régime. Ils réécrivent encore et encore le scénario de Cul-de-sac déjà entamé trois ans plus tôt. Le cinéaste raconte avec force sa collaboration avec son scénariste: « Je m’étais souvent interrogé sur les voies de la composition musicale. Comment un compositeur conçoit-il une mélodie, par exemple ? J’avais découvert qu’il n’existait pas de réponse unique et il en allait de même pour la rédaction d’un script. Gérard et moi partions de situations et de scènes isolées, ignorant où elles nous conduiraient. Peu à peu, par tâtonnements successifs, en discutant de la manière d’amener telle scène, nous aboutissions à un fragment de thème qu’il ne restait plus qu’à étoffer pour en faire un récit complet. Parfois, lors du déroulement de ce processus, il nous arrivait de renoncer à l’idée qui en avait été à l’origine. Telle fut la genèse de Cul-de-sac, dont le titre original était Riri. » (Roman par Polanski, Ed. Livre de poche, 1985, p.284)

Riri deviendra Richard (joué par Lionel Stander), personnage à forte tête inspiré d’Andrzej Katelbach (acteur dans Le Gros et le Maigre tourné en 1960 et ami de Polanski). Parce que son statut s’améliore, Roman Polanski a droit désormais à une directrice de casting, Maud Spector, qui l’aide à trouver Donald Pleasance pour interpréter George, le mari cabotin. Pour jouer le gangster, notre cinéaste pense d’abord à un acteur de la stature de Wallace Berry et, si possible américain (car Brach et Polanski rêvent d’une co-production avec les USA) de type Rod Steiger ou Jacky Gleason. Mais Roman Polanski découvre Lionel Stander lors d’un show à la télévision (Stander s’étant installé en Grande-Bretagne pour fuir le MacCarthysme). Le réalisateur l’engage. Pour jouer Térésa, Roman Polanski envisage Charlotte Rampling, Jacqueline Bisset (à qui il donnera finalement un petit rôle) puis l’actrice canadienne Alexandra Stewart (« trop équilibrée » pour ce rôle selon Polanski). Quelques jours avant le début de tournage, toujours pas d’actrice. Désemparé, le metteur en scène apprend que Françoise Dorléac, sœur de Catherine Deneuve, est à Londres. Elle est aussitôt enrôlée dans l’aventure. « Pour être parfaitement franc, si l’on m’avait alors demandé ce qu’était le thème du film, je n’aurais pas été en mesure de répondre, affirme Roman Polanski. Il n’y avait pas de thème – rien que l’expression de l’état d’esprit du moment. Gérard et moi venions d’être trahis par une femme et le personnage de Térésa naquit d’un léger besoin de revanche. » (Roman par Polanski, Ed. Livre de poche, 1985, p.259)

Le film se tourne en Grande-Bretagne, à Holy Island, appelé aussi Lindersfarne, un endroit que l’on dit hanté de fantômes. Un lieu reculé. Une population locale méfiante. Et le climat y est aussi changeant que sur les lacs de Mazurie. Pour ne rien arranger, les trois interprètes principaux ont chacun des caractères complexes. Stander se comporte comme une brute (il frappe réellement Dorléac dans la scène de lutte), Pleasance arrive sur le tournage le crâne rasé à la stupeur générale et prend l’équipe de haut. Et Dorléac souffre beaucoup, de l’endroit et des gens. La mauvaise humeur est générale et le tournage prend du retard à tel point que Roman Polanski décide, en échange, de donner ses pourcentages de Répulsion en gage de bonne volonté. Stander simule aussi des problèmes physiques pour toucher des cachets supplémentaires ; le film manque d’être définitivement arrêté. Brach fait alors croire à Stander que Polanski veut l’engager dans son prochain film, et du jour au lendemain Stander remarche ! Et le tournage avec lui.

Désireux de tourner une des scènes du film en seul plan et à l’heure magique, Roman Polanski passe une journée entière à la préparer et à organiser le passage d’un avion dans le même plan avec un opérateur radio installé derrière la caméra dans une cabine insonorisée et relié par ondes au pilote de l’avion. Le cinéaste explique que « Les longues prises sont toujours préférables lors des scènes d’émotion parce qu’elles permettant aux comédiens de rester dans leur rôle. » (4) Le chef opérateur, Gil Taylor, abandonne Roman Polanski sur cette scène dite infaisable. Mais le cinéaste y parvient. Hélas, à la troisième prise, Françoise Dorléac s’évanouit à cause de la froideur de l’eau. Jugé coupable, Roman Polanski échappe de peu à la mutinerie de toute son équipe. Le tournage achevé, le metteur en scène repart à Londres, exténué, et passe plusieurs jours seul dans son hôtel. Il faut encore montrer Cul de Sac.

© Cadrage/Akrhome 2005


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Published by Catherine Giuli - dans Cinéma et télévision
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