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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 08:25

"Il a fallu attendre de tourner avec Nanni Moretti pour que je devienne Pape. Peut-être puis-je m'arrêter là ?" Par pitié, non. On regretterait tant de ne plus voir apparaître Michel Piccoli, personnage principal de 'Habemus Papam', sur grand écran. Parce que la vieillesse ne semble pas avoir de prise sur son exceptionnel jeu d'acteur. En conférence de presse d'après projection cannoise, le réalisateur italien, reconnaissait d'ailleurs que même s'il n'avait pas choisi tout de suite Piccoli, il avait pu se rendre compte en visionnant son film à quel point celui-ci "aurait pu être triste sans lui". Ou tout simplement raté.




L'idée du scénario était superbe : à la mort du pape, le conclave se réunit pour élire (à la majorité des deux tiers des cardinaux votants) le nouveau souverain pontife. Mais malheur à l'élu de Dieu, aucun des candidats potentiels ne veut s'asseoir dans le Saint-Siège. Au grand soulagement de la chrétienté, ce sera Melville, interprété par sa sainteté Piccoli. Sauf qu'au moment de se présenter à la foule, le nouveau pontife est saisi d'effroi. Il pousse un cri terrible, comme d'un condamné avant l'échafaud. Mises à part quelques farces, comme celle du cardinal qui se prend les pieds dans sa soutane, la présentation de ce " double-pape" (dixit Moretti), partagé entre l'angoisse et le bonheur de croire, est parfaite. Et puis, la messe est finie. Au chevet du souverain pontife arrive un psychanalyste, Nanni Moretti en personne qui fait du... Nanni Moretti. On a beau aimer habituellement son cabotinage, ses sorties anti-cléricales ou politiques, sa chasse aux utopies, le scénario qu'il a écrit avec Feredrica Pontremoli et Francesco (comme pour 'Le Caïman', son précédent long-métrage) ne tient pas. Le pape finit par s'échapper du Vatican pour échouer, on se demande bien par quel miracle, aux côtés d'acteurs jouant 'La Mouette' de Tchekhov. Dans une symétrie ne fonctionnant jamais, le psy organise le temps libre des Cardinaux : jeux de cartes, tournoi de volley... Pour prendre à revers son public, Moretti a pris le parti de ne pas entrer dans la dénonciation des scandales pontificaux, pédophilie et autres dérives financières. En athée revendiqué, il n'a pas souhaité non plus s'engager plus avant sur le chemin de la foi. Il a choisi un itinéraire sur lequel erre le pape Piccoli, tous feux éteints. 

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Published by Catherine Giuli - dans Cinéma et télévision
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