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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 12:40

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« Les murs ont des oreilles ?! Miss.Tic leur donne une silhouette. Et la parole ! 

Poète et plasticienne, femme libre, artiste phare de la peinture urbaine, elle bombe - depuis 1985 - ses pochoirs sur les murs de Paris. Ses œuvres appartiennent au public, destinataire à la fois attitré et critique de ses créations, qui rythment le quotidien de milliers de parisiens, d’un jour ou de toujours. 

Artiste excentrique créant des pin-up brunes au pochoir, Miss.Tic intrigue par ce pseudo farfelu. Emprunté à la sorcière qui tente de chiper le sou fétiche du radin Picsou, elle revendiquera le côté humoristique de ce personnage de BD qui rate constamment son but. Pourtant, on pourrait attribuer un double sens à ce surnom. Miss.Tic est encore très jeune quand elle monte à Paris, sa petite valise à l'arrière d'une mobylette. Vivant d'air et d'amitié, c'est alors le temps de la bohème et du cours René Simon. Transcrivant son quotidien en dessinant au pochoir, assorti de messages plus ou moins optimistes, elle trouve enfin son style en faisant son autoportrait : cheveux noirs et coupe seventies. 

Son art naît réellement en 1985 là où elle l'a voulu : sur les murs de Paris, offrant ses œuvres au public, les rendant plus accessibles, refusant l'Art qui s'enferme dans les musées. On admire alors ses peintures drôles et poétiques dans la capitale. Des pochoirs subtils et ambigus bombés sur les murs que les propriétaires s’entêtent de nettoyer. Mais lorsque l’on en retrouve un, intact, c'est un plaisir. La Miss a ses quartiers de prédilection : ceux populaires et menacés comme la Butte aux Cailles (13ème), Ménilmontant et Belleville (20ème), puis les rues cossues du Marais (4ème) et montantes des Abbesses (18ème). Ses premières expositions montées avec la Galerie W - où La Miss avait sa mystique room - et avec l’aval des commerçants du quartier transforment ses pochoirs en patrimoine. Depuis la brigade anti-graff de Paris a reçu pour ordre de restaurer les pochoirs de La Miss sur les façades au lieu de les effacer. 

L'artiste ne cesse d'attirer les foules par ses titres amusants : « Maudites sorcières », « Femmes mur », « Muses et hommes »… C'est ainsi que depuis plus de vingt ans, Miss.Tic envoûte toujours autant ses admirateurs par la tactique de ses pochoirs... 

Miss.Tic raconte le fil d’une création qui joue simultanément sur l’intime et le public, avec un humour, un caractère, un style (plastique et d’écriture), qui n’appartiennent qu’à elle. Scandaleuse, amoureuse, rêveuse… en talons aiguilles, en escarpins, en bottes sexy, pieds nus ou en baskets… la Parisienne fait marcher son monde. » 
Attention...

On reconnait la typo, on lit la signature… détournée… BAM ! mais oui bien sûr ! La référence est claire et immédiate. Ces femmes bien en chair, en poignées d’amour et autres bourrelet, aux visages évoquant les beautés fatalement vulgaires des films de Russ Meyer, font référence aux personnages féminins de Miss.Tic, grande prêtresse du pochoir parisien. Tant pis, si on me taxe encore de parisiannisme… On pense à Gossip mais avant tout, dans le champ du street art, à David Gouny qui se faisait justement appeler à ses débuts « Botero Trash ». Le choix du nom Mass.Toc permet en effet de se focaliser sur le coeur du sujet: la silhouette (logique quand on parle pochoir). Le concept de ce farceur qu’on est bien obligé de nommer Mass.Toc (puisqu’il le signe) mérite d’être analysé. S’amuser à grossir les personnages de Miss.Tic (qui ne sont plus depuis longtemps des autoportraits, précisons-le) revient aussi à les pointer du doigt pour ce qu’elles sont : des femmes vivant dans des magazines et sur des podiums. Miss.Tic que l’on a parfois qualifiée de féministe continue depuis plus de vingt ans à prôner un modèle de femme sexy, aux poses lascives et provocantes que seules les paroles en sous titre permettent de sortir d’un érotisme léger et gratuit. La critique est sous-jacente mais réelle.
Toutefois, on appréciera surtout, au delà de ce commentaire « brainy », le caractère frais et drôlatique de cette oeuvre que rehausse le choix du support camion trop floppé pour être estampillé Ucar…

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Published by Catherine Giuli - dans Tags
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commentaires

schtroumpf 01/08/2011 17:41


Le pochoir n'est pas de Miss.Tic !
http://www.flickr.com/photos/numamonsi/

et les 22 dernières lignes de l'article sont de Samantha Longhui (Stencil History X) !


Kinou 17/07/2011 15:47


Ce dessin n'est pas de Miss Tic mais d'une concurrente qui la parodie et signe sous le nom de Mass Toc.
La jolie jeune femme de Miss Tic a une silhouette moins harmonieuse avec Mass Toc.
Les dessins de cette dernière sont donc à l'opposé de ceux de Miss Tic.
Bonne fin de week-end.


Catherine Giuli 17/07/2011 21:23



Il semblerait que ce soit bien Miss Tic qui se parodie elle-même.....ça s'est déjà vu pour d'autres et c'est une manière de se faire de la pub.....à voir.....


Les formes de Mass Toc sont pour moi très harmonieuses.....


Merci pour cette remarque.....