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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 10:40

 Coptes, orthodoxes, catholiques et islamiques, des Vierges se répondent dans une magistrale expo empreinte de sérénité. Et pleine de grâce.


Le 15 août, jour de l'Assomption, le grand escalier qui monte à la cathédrale du Puy-en-Velay sera envahi par la foule. Touristes (patrimoine mondial de l'Unesco oblige), pèlerins (c'est la première étape du pèlerinage à Compostelle) et croyants viendront honorer la Vierge, à qui le lieu est dédié depuis un millénaire. Dans le lacis des ruelles médiévales, on suivra en procession la statue de la Vierge noire, icône auvergnate brûlée à la Révolution et remplacée par une réplique. On peut découvrir deux statuettes de dévotion similaires dans l'exposition qui se tient à l'hôtel-Dieu voisin. Cette solide bâtisse, campée sur le flanc de la cathédrale, hébergeait les pèlerins. Elle est aujourd'hui rénovée en palais des congrès (par Wilmotte, plutôt sobrement) et dotée de salles d'exposition magistralement inaugurées par « Regards sur Marie »,manifestation conçue par le musée de la ville (musée Crozatier) et celui du Louvre. L'association est prestigieuse ; l'exposition, remarquable. Dès l'entrée, deux oeuvres se répondent : La Vierge au manteau (anonyme, vers 1400-1410) et Maria, photographie de Pierre Gonnord (2006). Deux figures féminines, l'une mère de Jésus, l'autre paysanne andalouse, qui soulignent la permanence de la présence de Marie à travers les siècles. Figure transcendantale, dont l'empathie, la sérénité, la grâce parlent à tous, au-delà de toute conviction religieuse.

Le thème paraît d'une telle évidence que l'on se demande pourquoi il n'a pas été traité auparavant. En cinquante-six tableaux, sculptures, livres, objets d'art, photographies venus du Louvre, d'Orsay, du Centre Pompidou, mais aussi des musées et églises auvergnates, le parcours fait dialoguer des Marie coptes, orthodoxes, catholiques, islamiques (voir la Mariam d'un coran d'Irak du XVIe siècle, aux traits quasi bouddhistes), des sacrées et des profanes (les fameu ses « Madones », figures récurrentes du reportage de guerre, avec les photos de Georges Mérillon et Hocine Zaourar). Des chefs-d'oeuvre, telles la Vierge au lapin, de Titien (1488-1576), merveilleux rébus bucolique, ou La Nativité et l'adoration des bergers, de Georges de La Tour (1593-1652), ne font aucune ombre aux pièces moins renommées - mais tout aussi rares. Pas d'ordre chronologique, pas de classement thématique, elles contiennent juste la force de leurs multiples visages superposés, sédimentés par le temps, si ancrés dans notre inconscient visuel qu'on les reconnaît au premier regard.27083_p0001610.002.jpg

La nativité et l'adoration des bergers,huile sur toile de George la Tour

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Published by Catherine Giuli - dans Peinture
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