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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 19:12


Pierre Soulages, né le 24 décembre1919 à Rodez, une petite ville située entre Toulouse et Montpellier, refuse d’entrer à l’École nationale supérieure des beaux-arts à Paris. Il ne voit pas ce que peut lui apporter un enseignement artistique qui lui semble tourné vers le passé. En 1939, il consacre donc son séjour parisien, prévu à l’origine pour ses études, à visiter des expositions dans lesquelles il découvre les œuvres de Picasso et de Cézanne. Il quitte toutefois Paris cette même année pour Montpellier, où il fréquente l’école des beaux-arts de la ville. Il y fait la connaissance de Sonia Delaunay qui lui montre des catalogues qui, selon les dirigeants de l’époque, contenaient de "l’art dégénéré". Il y voit une justification de se vouer à l’abstrait. Après la guerre, il s’installe à Paris, expose au salon des Surindépendants et rencontre le succès avec ses œuvres. L’intérêt pour son œuvre s’internationalise, comme en témoigne ses rencontres avec Francis Picabia et Hans Hartung en 1947 ou avec la scène américaine et ses représentants comme Marc Rothko, Robert Motherwell et Wilhelm de Kooning. Sa participation aux documenta I, II et III assied sa reconnaissance parmi ses pairs et les experts d’art. Son style particulier, mais probablement aussi sa volonté de s’en tenir presque exclusivement au noir, lui confère une place singulière dans le monde artistique. L’américain Robert Motherwell est certes parvenu à des résultats similaires dans certaines de ses œuvres. Mais seul Soulages s’en est résolument tenu des décennies durant à sa prédilection pour le noir puis, finalement, pour la lumière.

Son "outrenoir", une dénomination que Soulages utilise pour évoquer l’utilisation du noir dans son travail, absorbe la lumière tout particulièrement dans ses œuvres sur papier et gagne ainsi un effet de profondeur particulier. L’"outrenoir", ce "noir de l’autre côté" ou "de l’au-delà", n’exclut pas mais attire le regardeur dans sa profondeur, le conduit vers un regard exact et proche des travaux et le happe.

Comme tout peintre, Pierre Soulages est fasciné par le phénomène de la lumière. Il cherche minutieusement les moyens de laisser travailler la lumière dans la couleur noire. Les œuvres qui convoquent une seconde couleur comme le bleu ou le rouge restent extrêmement rares.

Sa touche personnelle, le travail de la main qui s’exprime dans de larges lignes vigoureuses et parfois dans des passages quasi calligraphiques, est un principe de création important. "Je ne trouvais que de petits pinceaux, comme ceux qui étaient nécessaires aux travaux minutieux du 19e siècle et avant – Picasso lui-même a travaillé avec des pinceaux fins à ses débuts. Pour moi il ne pouvait en être question. Je voulais tenter quelque chose de tout à fait différent. Je me suis donc rendu chez un marchand de couleurs parisien et j’ai acheté des pinceaux larges, des rouleaux et des grosses brosses de peintres en bâtiment." Combinés à un brou de noix sombre, Soulages réalise ainsi ses premiers chefs-d’œuvre, dont l’un est acquis dès 1948 par le Museum of Modern Art de New York.

Ses tableaux font partie des collections de plus de 100 musées dans le monde entier, tels que le Solomon R. Guggenheim Museum de New York, l’Australian National Gallery de Canberra, l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, le Museum Sammlung Essl de Klosterneuburg, le Musée national d’art moderne de Paris, la Staatsgalerie Stuttgart, l’Instituto Valenciano de Arte Moderno de Valencia, le Museum of Modern Art de Toyama, la Tate Gallery à Londres, le Museum of Fine Arts à Houston, le Musée d’art contemporain de Montréal, pour n’en nommer que quelques uns.

Soulages a reçu de nombreuses distinctions dont le Grand Prix des arts de la Ville de Paris, le prix Rembrandt de la ville de Hambourg ainsi que le Praemium Imperiale au Japon.

La ville de Rodez a créé un musée dédié à Pierre Soulages. Il doit ouvrir ses portes en 2012.

 

catalogue-soulages.jpg

 

 

Organisateurs
Berliner Festspiele. Une exposition du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle, Paris. Réalisée grâce au soutien du Hauptstadtkulturfonds Berlin. Avec le soutien de CULTURESFRANCE et de l’ambassade de la République française en Allemagne. Sous le patronage de S.E. M. Bernard de Montferrand, ambassadeur de France en Allemagne et de M. Klaus Wowereit, maire-gouverneur de Berlin et plénipotentiaire de la République fédérale d’Allemagne chargé des relations culturelles franco-allemandes Commissaires Alfred Pacquement et Pierre EncrevéPartenaires médias rbb kulturradio, Exberliner, Cleverdis, Le Monde Diplomatique, Berlin PocheEn coopération avec Wall AG.

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Published by Catherine Giuli
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