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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 20:59

Jens Peter Jacobsen 

(1847-1885, Danemark)  

Biographie

10717-050-672E4D6A.jpgJens Peter Jacobsen ou J. P. Jacobsen ( 7 avril 1847 - 30 avril1885 ) était un écrivain, poète et botaniste danois. Né dans la petite ville de Thisted, située dans le Jutland, il est le fils d'un père commerçant. Il est un élève brillant, ce qui lui permet de fréquenter l'université de Copenhague, où il obtient un diplôme en biologie. Il traduit les oeuvres de Charles Darwin en danois, dont L'Origine des espèces, aidant ainsi à populariser la théorie de l'évolution en Scandinavie. Il participe également à des expéditions scientifiques de collecte de spécimens botaniques dans les îles d' Anholt et de Leæsø, financées par le gouvernement danois. Cependant, c'est la littérature qui est sa véritable passion. Sa première oeuvre publiée est la nouvelle Mogens, en 1872. Elle sera suivie en 1876 d'un ro

 man historique, Madame Marie Grubbe, situé au XVII e siècle. Il raconte la vie d'un personnage réel, fille d'un membre de la petite aristocratie danoise, qui épouse le fils bâtard du roi, mais qui divorce et se lie avec des hommes situés de plus en plus bas dans l'échelle sociale afin d'achever sa libération personnelle et sexuelle. Le roman constitue une étude psychologique remarquable d'un personnage féminin et a été largement traduit, y comprit en français. Il est d'ailleurs salué comme une étape majeure dans le développement de la littérature scandinave, entre autres par le critique Georg Brandes, autant pour son sujet que pour son style très recherché et personnel. Ce premier roman est suivi en 1880 de Niels Lyhne, roman sur le développement d'un personnage qui finit par embrasser l' athéisme et sur les tribulations qu'il subit dans la société contemporaine.

 

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 13:18

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Graham Greene

Biographie : qui est Graham Greene ?


crivain anglais, Graham Greene est né le 2 octobre 1904 à Berkhamsted (Royaume-Uni).
Son père est principal de la Berkhamsted School où l'enfant accomplit ses études secondaires de 1915 à 1921. Ses souvenirs scolaires sont rapportés dans Enfance perdue et marqués par la nostalgie d'une époque qu'il évoque d'autant plus qu'il l'a déteste. Il passe une enfance heureuse et paisible au milieu de ses cinq frères et soeurs et de ses six cousins.
À quatorze ans, Graham Greene commence à écrire des fables et des contes fantastiques. Mais l'ennui, la morosité, le sentiment de la futilité des choses (qui ne le quittèrent plus) l'accablent bientôt. Il passe par une période d'intense désespoir, joue plusieurs fois sa vie à la roulette russe, ce qui amène son père à l'envoyer à l'âge de vingt ans passer six mois chez un psychanalyste. Cette "cure" -- courageuse et inusitée pour l'époque -- l'éveille à la puissance des rêves et de l'inconscient tout en l'aidant à mieux faire face à la vie et en le dotant d'instruments d'analyse qu'il utilisera ensuite abondamment dans sa création littéraire.
Après quatre ans d'études à Balliol College, Graham Greene quitte Oxford en 1925, non sans avoir obtenu un diplôme de "deuxième classe" en Histoire moderne. Il a profité de son séjour pour adhérer, pendant quelques semaines, au Parti Communiste britannique (ce qui lui vaudra de se voir refuser un visa d'entrée aux Etats-Unis dans les années '50). Il se met à boire comme tout "gentleman" qui se respecte et rencontre Evelyn Waugh, athée comme lui à cette époque de sa vie, avec qui il restera toujours lié.
Il continue à écrire pour le théâtre et, en 1925, publie son premier livre, recueil de poésies intituléAvril Babillard. En 1926, il se convertit au Catholicisme pour épouser, l'année suivante, Vivien Dayrell-Browning -- elle-même convertie deux ans plus tôt à l'âge de dix-sept ans -- qu'il a rencontré chez le libraire oxfordien Blackwell's et qui lui donnera deux anfants.
Durant les dix ans qui suivent sa conversion, Graham Greene est d'abord journaliste, puis rédacteur au Times. En 1929 paraît son premier roman, L'homme et lui-même, bientôt suivi par Orient Express(1932) puis C'est un champ de bataille (1934) et Mère Angleterre (1935) où chaque scène introduit une trahison et un décès avec déjà l'intégration essentielle de l'innocence et de la corruption si typique de son oeuvre en général.
En 1935, à la suite de déboires conjugaux, il entame une vie d'errance -- qui n'est pas sans rapport avec celle de Waugh ou d'Orwell. D'une première incursion au Liberia naît Voyage sans cartes (1936). C'est à cette époque qu'une crise religieuse l'amène à faire la distinction dans sa production littéraire entre drame et mélodrame et à classer ses livres entre "divertissement" et "fiction".
Critique de cinéma pour le Spectator (1935), rédacteur littéraire à Nigth and Day (1937), son activité ne faiblit jamais, ainsi qu'en attestent deux nouveaux romans, Le Rocher de Brighton (1938) etL'Agent secret (1939). L'année précédente, un voyage au Mexique lui avait permis d'enquêter sur les persécutions religieuses et fourni les sources de La Puissance et la Gloire (1940).
Graham Greene fait la guerre comme agent du Foreign Office et est placé comme agent de renseignement en Sierra Leone. Désormais sa vie se passe sous le signe du déracinement. Ses déplacements incessants lui fournissent la matière et le décor de son oeuvre. Sierra Leone et Nigeria pour Le Fond du problème (1948), Malaisie et Indochine pour Un Américain bien tranquille (1955),Notre agent à La Havane (1958) dans l'île éponyme, tandis que La Saison des pluies (1960) évoque un séjour dans une léproserie du Congo, Les Comédiens (1966) Haïti, etc.
Il continue à écrire au même rythme et avec la même maitrise jusqu'au milieu des années '80.Voyages avec ma tante (1969), Le Consul honoraire (1973), Le Facteur humain (1978), Dr Fischer de Genève (1980) ponctuent une production où se mêlent d'autres genres: la biographie avec La Dottoressa (1975), l'autobiographie avec Échappatoires (1980), etc.
En tout, Graham Greene a écrit une trentaine de livre dont l'unité se retrouve dans les constantes de sa philosophie et de sa vie, la fuite, le déracinement qu'il revendique en toute conscience, la fracture, le doute, l'angoisse, l'espérance aussi qu'il met en scène dans un "Greeneland" typique de la déréliction du XXe siècle.
Romancier, nouvelliste, dramaturge, essayiste, engagé sur le plan politique et religieux, homme d'action et d'écriture, Graham Greene a aussi travaillé pour le cinéma, adaptant ses oeuvres à l'écran, écrivant des scénarios dont ce grand classique du film noir qu'est Le Troisième Homme (1950).
Graham Greene reste dans la mémoire collective comme l'homme du XXe siècle. Au carrefour de toutes les tendances, de tous les arts, de tous les évènements politiques de son temps, il a su associer action et écriture pour communiquer l'expérience qu'il fit en première ligne de la déliquescence et de la déréliction d'une époque d'incertitudeset de désespoir, sans cesser de croire en une infime miséricorde divine susceptible de racheter le pêcheur le plus misérable ou d'enrayer la chute la plus vertigineuse. Là se situent sans doute la grandeur et l'humanité d'un homme qui se place au niveau des plus grands.
En 1967, il s'installe en France où il demeure soit à Paris soit à Antibes, jusqu'à sa mort qui survient le 03 avril 1991 à Vevey (Suisse).
Graham Greene a reçu les plus grands honneurs: le Hawthornden Prize pour La Puissance et la Gloire(1941) le James Tait Black Memorial Prize pour Le Fond du problème (1949), le Catholic Literary Award pour La Fin d'une liaison (1952). Il a été fait Compagnon de l'Ordre de l'Empire britannique en 1966 et Chevalier de la Légion d'honneur en 1969.

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 15:58

LITTÉRATURE/OUVRAGE

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Clara, Nadia, Jiang Qing..., épouses ou concubines, elles ont partagé la vie et la couche de Mussolini, Staline, Mao... Elles ont été triomphantes et sacrifiées, rappelle Diane Ducret dans Femmes de dictateur.


"La foule, comme les femmes, est faite pour être violée", écrivait Mussolini, toujours volontaire pour soulever le peuple et les jupons. La tyrannie, qui corrompt les valeurs et martyrise les peuples, détraque aussi les sens. Le pouvoir est un aimant, le pouvoir absolu, un aphrodisiaque. Les histoires d'amour avec un tyran ont beau débuter comme des bluettes, elles se terminent au mieux en vaudeville, le plus souvent en tragédie. Diane Ducret en administre la preuve dans sa galerie de Femmes de dictateur, portraits brillants des compagnes de route de mégalomanes du xxe siècle nommés Lénine, Staline, Hitler, Mao... Les petites fiancées des despotes rêvaient de passer à la postérité, elles ont fini dans les poubelles de l'Histoire.


Saintes ou gourgandines, elles ont saccagé leur vie, à l'image de Clara Petacci, violée, battue et pendue par les pieds par des partisans italiens à la fin de la guerre. La fille du médecin personnel de Pie XI avait eu le malheur de croiser, treize ans plus tôt, sur la route d'Ostie une Alfa Romeo décapotable. Le conducteur dissimulé derrière de grosses lunettes de soleil s'appelait Benito Mussolini et la "povera" ignorait tout des affres de la Duce Vita. Le maître de l'Italie fasciste avait en effet gros appétit. Il n'était pas du genre bégueule, plutôt gourmand que gourmet. Paysannes ou bourgeoises, femmes de tête ou têtes en l'air, matrones ou filles enfants, elles passaient toutes par sa couche. Le Romagnol était large d'esprit. Jeune, il penchait pour les cérébrales : Angelica Balabanoff, bourgeoise ukrainienne, l'initie à la révolution et, surtout, Margherita Sarfatti, grande bourgeoise vénitienne racée, s'impose en dircom et stratège. C'est elle qui convaincra un Benito indécis et prêt à se réfugier chez les Helvètes de lancer la marche sur Rome, étape décisive de la prise du pouvoir. Au fil des ans, l'aventurier de l'amour, abonné aux ruptures violentes, se fera popote. Les soucis, sans doute : la guerre en Ethiopie, puis en Grèce et en Albanie... Il n'empêche. L'ancien socialiste-révolutionnaire supporta mal la tyrannie domestique de Rachele, l'ex-jeune serveuse du bar de son père, devenue épouse et mère de ses enfants : un statut en or dans un régime célébrant la famille. Faute de rompre, le Duce s'égaiera en compagnie de jeunes maîtresses. Dont Clara.


Staline acculera son épouse au suicide


Cherchez la femme. On rêverait d'affiner le portrait d'un tyran, d'expliquer la nature d'un régime politique à partir de la personnalité et des atours - poitrine généreuse pour le Duce, jambes longues pour le Führer - des (mal) heureuses élues. L'exercice est périlleux, mais il est parfois probant. Ainsi, la sauvagerie du Staline privé n'étonnera personne. Le maître du Kremlin acculera au suicide Nadia Allilouïeva, son épouse - qu'il sauva de la noyade à 6 ans et viola dans un train à 18 ans... - après l'avoir, dans un état d'ébriété avancée, agonie d'injures devant toute la nomenklatura. Dans la foulée, il fera déporter au goulag sa belle-soeur, après qu'elle a refusé ses avances. Il terminera ses jours avec une gouvernante rustre et silencieuse : c'est elle qui servit le repas aux invités de Yalta, Churchill et Roosevelt. Dans le même registre paraît évidente la propension de Hitler - Alfi pour les intimes - à semer la mort parmi les femmes qu'il aime - sa nièce Geli, 23 ans - et celles qui l'aiment, même secrètement : la terrible Magdalena Goebbels, l'épouse du ministre de la Propagande du Reich, présente jusqu'à la fin dans le bunker de Berlin. Reste que, comme pour les couples ordinaires, certaines associations sont étranges, voire inexplicables. Pourquoi, Lénine, plutôt séduisant avec ses yeux bridés de Tatar, s'est-il entiché de Nadejda Kroupskaïa - Nadia - une future épouse affublée d'un "physique de hareng", selon la mère de Vladimir Ilitch, il est vrai jalouse et peu charitable ? Mystère - et vertiges - de l'amour. 


Diane Ducret ne tire d'ailleurs aucune conclusion, politique ou psychologique, elle trousse (sic) de jolies histoires et "tend un miroir aux femmes", pour démontrer, noir sur blanc, la responsabilité des égéries, maîtresses, épouses de dictateurs dans les drames de l'Histoire. Si les unes pèchent par indifférence (Eva Braun, la compagne de Hitler), d'autres, politiquement engagées, sont directement impliquées. C'est le cas de Jiang Qing, l'une des nombreuses "madame Mao", ancienne starlette renconvertie en mère maquerelle pour apaiser la libido du Grand Timonier et en chasseuse de sorcières pendant la Révolution culturelle ; d'Elena Ceausescu, grande prêtresse du régime policier roumain, etc. Entre secrets d'alcôve et histoire politique, l'auteure a trouvé sa voie. Certains épisodes plus ou moins connus, mais souvent de manière partielle - les frasques de Mussolini et de Staline - acquièrent plus de relief dans cet ensemble.


D'autres sont des révélations : par exemple, la vie sentimentale encombrée d'Antonio de Oliveira Salazar. Le maître du Portugal entre 1933 et 1968 avait un slogan pour sa politique isolationniste : "orgueilleusement seuls". D'évidence, il ne se l'appliquait pas. L'ancien séminariste, jadis troublé par la belle Felismina, officiellement célibataire, ascétique et saturnien, fut un homme couvert de femmes. Jouant la discrétion jusqu'à l'effacement - comportement rarissime chez les dictateurs qui sont enclins à jeter leur ego démesuré à la face du monde - il affirmait que les "bonnes ménagères" ont "beaucoup à faire dans leur maison, ne fût-ce que dans l'apprêt du repas et le soin des vêtements". Cela ne l'empêcha pas de tomber follement amoureux, en 1951, d'une jeune femme libre : une journaliste française nommée Christine Garnier. Mais le Doutor n'en démordra pas : "On peut faire de la politique avec le coeur, mais on ne peut gouverner qu'avec la tête."

 

Source : l'Express

 

Sans compter la fameuse histoire, voire la relation amoureuse entre VGE et l'Impératrice Catherine Bokassa...

 

Copyright : Diane Ducret

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 16:09
Richard, la cinquantaine, est chirurgien plasticien. Il vit avec Eve, une jeune femme qu’il n’hésite pas à malmener. Alex, quant à lui, est un petit truand qui vient de faire un casse meurtrier. Il se cache pour fuir la police. Enfin, Vincent, un jeune homme d’une vingtaine d’années, raconte son calvaire : un tortionnaire qu’il a surnommé « Mygale » le retient captif depuis de longues années et le soumet à des tortures raffinées. Quand la route des trois protagonistes se croise, la perversité est au rendez-vous…
  J’avais lu de Thierry Jonquet « Le bal des débris » et « Les orpailleurs ». J’avais déjà pu apprécier le talent particulier de cet auteur. Avec ce livre court, dévoré en une journée, j’ai été véritablement conquise par sa maestria. Il a su imaginer un scénario diabolique, incroyablement pervers (âmes sensibles s’abstenir), où la cruauté et la haine déferlent. Le début est véritablement mystérieux : on assiste à trois histoires, trois récits différents sans bien comprendre où l’auteur veut emmener son lecteur. Le récit de Vincent est poignant ; qui plus est, il est écrit à la deuxième personne du singulier, ce qui rend l’identification à la victime plus fort. Puis tout se met en place à travers un scénario habilement mené, et la noirceur de l’âme humaine est révélée au grand jour, par un dévoilement allant crescendo. Le récit est bien construit et découpé en trois parties, dont les titres sont en lien avec le titre même du livre. Le mystère et l’énigme, présents dès le début de l’ouvrage et qui m’ont captivée, ne cessent de croître au fur et à mesure de l’avancée des pages. Les rebondissements, multiples, sont au rendez-vous. J’avais apprécié, dans « Le bal des débris » du même auteur, le tour de force final ; ici, je retrouve le brio de Thierry Jonquet qui a su me séduire par son imagination véritablement diabolique et perverse. Un roman excessivement noir, qui explore la cruauté humaine, le sadisme extrême, que j’ai trouvé bien écrit, d’une écriture précise, quasi-chirurgicale dans les descriptions, osant des détails crus, n’épargnant rien au lecteur, une écriture rythmée sans fioritures littéraires. Ce roman est véritablement troublant. A ne pas mettre entre toutes les mains…


Christelle Gaté
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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 15:51
"W. C. Fields, Chaplin, Groucho Marx ont été les plus fortes influences littéraires que j'ai subies."

 

Il s’appelle Romain Kacew, devient Romain Gary en 1940 (prix Goncourt 1956) et aussi Emile Ajar (prix Goncourt 1975 pour La Vie devant soi). De la misère à la gloire, en passant par la résistance et la diplomatie, tel est l’itinéraire de cet ours aux yeux bleus et à l’accent russe.

Romain naît à Moscou en 1914, d’une mère comédienne et d’un père qu’il ne connaîtra jamais. La Révolution de février 1917 les jette tous deux sur les routes, jusqu’à Vilnius, capitale de la Lithuanie, puis Varsovie en 1922 ou 23. Dures années pour une mère seule avec son fils. Puis Nice 1927, quelques mois dans un deux-pièces avenue Shakespeare, ensuite à l’hôtel-pension Mermonts, dont Mme Kacew a obtenu d’être gérante, boulevard Carlonne, aujourd’hui 7 boulevard François-Grosso. On est dans le quartier russe de Nice, peuplés par les exilé de l’époque tsariste. Un autre russe a précédé les Kacew dans les rues de Nice : Joseph Kessel, arrivé 3 rue Auber fin 1908 avec sa famille. 
Romain est élevé dans une culture française par sa mère. Elle le pousse à étudier et écrire : des poèmes, des nouvelles, des pièces de théâtre, et même des grands romans dont il commence toujours par écrire le dernier chapitre. 
En 1933, il s’installe à Aix-en-Provence, rue Roux-Alphéran, pour étudier le droit. Mais il passe beaucoup de temps au Café des Deux garçons, cours Mirabeau, à écrire un roman qui ne trouvera pas d’éditeur. 
Il veut écrire comme Malraux, de quelques années son aîné et qui décroche le prix Goncourt 1933 avec La Condition humaine. 1934 voit Romain débarquer à Paris pour poursuivre son droit… et sa vocation littéraire. Il emménage à l’hôtel de l’Europe, rue Rollin. Les temps sont durs. Il est livreur, plongeur, employé au restaurant Lapérouse… 
En 1940, incorporé à Londres dans les Forces Aériennes Françaises Libres, il se choisit un nom de guerre : Gary, qui signifie brûler en russe.

Son engagement aux côtés de de Gaulle lui permet de devenir secrétaire d’ambassade en 1945 sans passer par la voie officielle et les concours. Direction Sofia, avec sa toute récente épouse, Lesley Blanch, belle (évidemment) anglaise romancière et voyageuse rencontrée à Londres en 1944. 
En 1948, retour à Paris, puis Berne, puis New-York, à l’ONU, entre 1952 et 54, puis la Bolivie. Entre-deux, les Gary achètent en 1949 une maison à Roquebrune-Cap-Martin, rue Pic, une tour de trois étages. 
A chaque mission, Gary se lasse un peu plus, ne rentre pas bien dans le moule, et finit par sortir de la langue de bois officielle. 
En 1956, il arrive de Bolivie, descend à l’hôtel Pont-Royal, 7 rue Montalembert, et reçoit le prix Goncourt pour Les Racines du ciel (beau titre, n’est-ce pas ?), grande épopée autour des éléphants décrite successivement par les voix des différents protagonistes.

En 1957, le voilà consul de France à Los Angeles. Maison à Hollywood, Buick décapotable. Jean Seberg, belle (évidemment) actrice de 21 ans, qui vient de tourner A Bout de souffle et est mariée à un français, rencontre Gary en décembre 1959. Au printemps suivant, ils s’installent ensemble dans un appartement de l’île Saint-Louis à Paris, et un an plus tard au second étage du 108 rue du Bac. Pour elle, Gary quitte la fonction diplomatique en 1961, et Jean devient Mme Gary en 1963.

Gros-Câlin est un gros serpent qui paraît en 1974 sous le nom d’Emile Ajar (qui signifie braise en russe…). Gary, qui écrivait dans la postface des Têtes de Stéphanie "J’éprouve parfois le besoin de changer d’identité, de me séparer un peu de moi-même, l’espace d’un livre", est allé jusqu’au bout de son projet. Il mystifie tout le monde, sauf Jean, son éditeur et Paul, son neveu qui a accepté d’endosser le rôle médiatique du prix Goncourt 1975. Gary invente un style neuf, drôle, qui prendra un peu de gravité avec La Vie devant soi.

Le 30 août 1979, Jean se suicide mystérieusement près de la rue de Longchamp à Neuilly. Gary accuse le FBI de l’avoir condamnée à cela, à force de faire campagne contre son combat pour les droits des noirs américains.

Accès de dépression ? Impression d’avoir achevé ce qu’il s’était fixé ? Lui-même se suicide le 2 décembre 1980 108 rue du Bac.

Source 
Romain Gary. Dominique Bona. Folio.

À voir aux alentours 
Quelques présences littéraires à Nice et aux alentours : 
- Gogol, Tchekov, Stevenson, Nietzsche, MaupassantCendrarsApollinaireCarcoKessel,FitzgeraldMontherlantRoger Martin du GardAragonEluardNabokov, Le Clézio, etc. à Nice, 
- Stefan Zweig à Marseille et Nice, 
- Gaston Leroux à Menton et Nice.

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